Oops ! 12 octobre 2009 – Pierre Auguste Renoir

Pierre-Auguste Renoir
(25 février 1841 – Cagnes-sur-Mer 3 décembre 1919).


conception-SYMBOLE VIDEO-bVidéo commentée par Sacha Guitry (1957? ,film de 1914)

 

RENOIR-Autoportrait
Peintre, graveur et sculpteur français né à Limoges, mort à Cagnes (Alpes-Maritimes). Renoir était issu d’une famille pauvre. Son père était un modeste tailleur qui entretenait à grand-peine toute sa famille.
Renoir commença par peindre sur porcelaine; ce fut en quelque sorte son apprentissage. Pour vivre, il décora ensuite des éventails et des stores. Ayant fait quelques économies par ses travaux, il put entrer à l’atelier de Gleyre et rencontra Monet en 1862. Gleyre n’eut sans doute pas une haute opinion de son élève quand il demanda au jeune peintre assis devant sa toile : » C’est sans doute pour vous amuser que vous faites de la peinture ? » – « Mais certainement, répondit Renoir, et si ça ne m’amusait pas, je vous prie de croire que j’en ne ferais pas. »

Le séjour que Renoir fit avec Monet à la Grenouillère (établissement de bains sur l’île de Croissy-sur-Seine, lieu très populaire et un peu « canaille » selon les guides de l’époque) est décisif dans sa carrière. Il peint véritablement en plein-air, ce qui change sa palette, et fragmente sa touche (Monet va beaucoup plus loin dans ce domaine). Il apprend à rendre les effets de la lumière, et à ne plus forcément utiliser le noir pour les ombres. Dès lors, on fait véritablement commencer la période impressionniste de Renoir.

Renoir-Le cabaret de la mere Antony- 1866

Le cabaret de la mère Antony – 1866

Renoir-Monet dans son jardin-1873

Monet peignant dans son jardin- 1870

Renoir-La promenade - 1870

La promenade -1870

La première exposition du groupe ( Claude Monet, Frédéric Bazille, et Alfred Sisley, en 1874), que Renoir organisa et à laquelle il participa, allait mettre cette nouvelle peinture en évidence aux yeux de tous. Si la vente aux enchères de 1875 fut un désastre, à laquelle Durand-Ruel assista impuissant,

Renoir-Chocquet par Renoir

elle permit au moins à Renoir de découvrir un nouvel amateur : Chocquet. Celui-ci lui proposa très rapidement, tant son admiration pour sa peinture était grande, d’exécuter le portrait de sa femme.

Renoir-Chemin montant dans les hautes herbes 1875

Chemin montant dans les hautes herbes – 1875

Pour Renoir, il devint par la suite un amateur actif et un soutien généreux. Renoir, poursuivant ses recherches sur la luminosité de l’atmosphère, s’applique à la traduire à l’occasion de thèmes différents et la poursuit dans des cadres très divers : au théâtre : La loge (1874), La Première sortie (1876); en plein air : Le Moulin de la Galette (1876), Jeanne Samary(1877), et enfin il ne redouta pas de s’attaquer aux portraits mondains en faisant poser

Renoir-Madame Charpentier et ses enfants- 1878

Madame Charpentier et ses enfants (1878), femme de l’éditeur.

De 1881 à 1883, malgré des difficultés matérielles, il séjourna en Algérie. Puis il fit un voyage, déterminant pour l’avenir de son oeuvre, en Italie où il visita Florence, Venise, Rome, Naples et Pompéi. En 1882 et 1883, il séjourna et travailla auprès de Cézanne à l’Estaque.

Il expose avec le dit groupe de 1874 à 1878 (ou 1879?) et réalise son chef-d’œuvre : le Bal du moulin de la Galette, à Montmartre, en 1877 (Paris, Musée d’Orsay). Le tableau est acheté par Gustave Caillebotte, membre et mécène du groupe.

Renoir-Bal du moulin de la Galette-1876

Cette toile ambitieuse (par son format d’abord, 1 m 30 x 1m 70) est caractéristique du style et des recherches de l’artiste durant la décennie 1870 : touche fluide et colorée, ombres colorées, non-usage du noir, effets de textures, jeu de lumière qui filtre à travers les feuillages, les nuages, goût pour les scènes de la vie populaire parisienne, pour des modèles de son entourage (des amis, des gens de la « bohème » de Montmartre).
Autour de 1880, en pleine misère (Renoir n’arrive pas à vendre ses tableaux, la critique est souvent mauvaise), il décide de ne plus exposer avec ses amis impressionnistes mais de revenir au Salon officiel, seule voie possible au succès. Grâce à des commandes de portraits prestigieux – comme celui de Madame Charpentier et ses enfants – il se fait connaître et obtient de plus en plus de commandes. Son art devient plus affirmé et il recherche davantage les effets de lignes, les contrastes marqués, les contours soulignés.

Renoir-Dejeuner des canotiers

Cela est visible dans le fameux Déjeuner des Canotiers (1880-81) de la Phillips   Collection (Washington), même si le thème reste proche de ses œuvres de la décennie 1870. On peut apercevoir dans ce tableau un nouveau modèle, Aline Charigot, qui deviendra sa femme en 1890 et la mère de ses trois enfants, Pierre, Jean (le cinéaste) et Claude dit « coco ».

Renoir-La danse a Bougival- 1883

Les trois danses (Danse à Bougival, Boston; Danse à la ville et Danse à la campagne, Musée d’Orsay, vers 1883) témoignent aussi de cette évolution.

Entre 1881 et 1883, Renoir effectue de nombreux voyages qui le mènent dans le sud de la France (à l’Estaque, où il rend visite à Cézanne), en Afrique du Nord,où il réalise de nombreux paysages, et en Italie. C’est là-bas que se cristallise l’évolution amorcée dès 1880. Au contact des œuvres de Raphaël surtout (les Stanze du Vatican) Renoir sent qu’il est arrivé au bout de l’impressionnisme, qu’il est dans une impasse, désormais il veut faire un art plus intemporel, et plus sérieux (il a l’impression de ne pas savoir dessiner).
L’année 1884 marqua son détachement des conceptions impressionnistes. Sous l’influence encore vibrante du choc ressenti en Italie. Renoir entreprend des recherches que l’on qualifia de linéaires. La forme n’a plus tendance à être absorbée par la lumière; au contraire, elle est décrite par la ligne; le contour se resserre et se fais alors plus précis « Il produit des oeuvres dont la matière peut varier, parfois épaisse ou rugueuse, mais qui toutes ont en commun une pureté linéaire de contour, une atmosphère dépouillée ( D.Rouart : Renoir)

A nouveau en 1885,1888,1889, il fait de longs séjours auprès de Cézanne, en 1890, il brise avec son style récent et adopte cette fois une facture onctueuse, souple, nacrée, qui sera d’une grande importance dans son oeuvre, et fixera dans l’esprit de beaucoup l’image même de Renoir. Désormais, les principaux éléments de son style sont fixés. Il en variera jusqu’à sa mort les composantes, mais on n’enregistera plus dans son oeuvre de brusques ou contradictoires  transformations.
De 1890 à 1900, Renoir change de nouveau son style. Ce n’est plus du pur impressionnisme ni du style de la période ingresque, mais un mélange des deux. Il conserve les sujets Ingres mais reprend la fluidité des traits.

Renoir-Jeunes filles au piano-a-1892

Jeunes filles au piano-1892

La première œuvre de cette période, les Jeunes filles au piano (1892, une des cinq versions est conservé au Musée d’Orsay), est acquise par l’État français pour être exposée au musée du Luxembourg. En 1894, Renoir est de nouveau papa d’un petit Jean (qui deviendra cinéaste, auteur notamment de La Grande Illusion et La Règle du jeu) et reprend ses œuvres de maternité. La bonne de ses enfants, Gabrielle Renard, deviendra un de ses grands modèles.

Cette décennie, celle de la maturité, est aussi celle de la consécration. Ses tableaux se vendent bien, la critique commence à accepter et à apprécier son style, et les milieux officiels le reconnaissent également (achat des Jeunes filles au piano cité plus haut, proposition de la légion d’honneur, qu’il refuse).

Renoir-Jeune fille au chat-1880

La jeune fille au chat-1870

Renoir_La baigneuse endormie

La baigneuse endormie – 1910

Lors d’une mauvaise chute de bicyclette près d’Essoyes, village d’origine de son épouse Aline Charigot, il se fractura le bras droit[2]. Cette chute est considérée comme responsable, du moins partiellement, du développement ultérieur de sa santé. Des rhumatismes déformants l’obligeront progressivement à renoncer à marcher (vers 1905).

En 1891, à nouveau, il séjourne dans le Midi. L’année suivante il voyage en Espagne, et Durand-Ruel organise à Paris une importante exposition de ses oeuvres. En 1894, sans atteindre complètement son but, il lutte pour faire accepter par L’Etat le magnifique legs de Caillebotte. Ce n’est qu’en 1897 que ce legs, amputé d’un nombre important de tableaux, pourra entrer dans les collections de l’Etat. Il est atteint pour la première fois, en 1898, de rhumatismes aigus, maladie qui devait être le calvaire de la fin de sa vie. De 1905 à 1909, sa maladie s’aggrave et il décide de se fixer définitivement dans le Midi.

Renoir-Autoportrait-1910

Autoportrait

Il achète à Cagnes le terrain des Collettes où il fait construire se demeure et son atelier.

En 1912, sa maladie s’aggrave encore, il poursuit inlassablement son travail, ne pouvant plus peindre qu’en faisant attacher les pinceaux à ses poignets.

Il aurait, sur son lit de mort, demandé une toile et des pinceaux pour peindre le bouquet de fleurs qui se trouvait sur le rebord de la fenêtre. En rendant pour la dernière fois ses pinceaux à l’infirmière il aurait déclaré « Je crois que je commence à y comprendre quelque chose » (qui résume la grande humilité avec laquelle Renoir appréhendait la peinture, et la vie).

Il devait mourir à Cagnes le 3 décembre 1919.
Renoir_autograph

(Extraits de Wikipedia et extraits de  » Les grands peintres »)

 

 

 

Oops-12 février 2009- Maurice Montet et les chevaux

Maurice Montet, peintre des chevaux….

René MONTET, fils de Maurice, lors de nos rencontres pour « Dessine-moi un chapiteau » m’avait  raconté une anecdote.
Je lui ai demandé de l’écrire, ce qu’il a fait avec émotion et grand coeur.
Je ne résiste pas au plaisir de la publier.

conception-SYMBOLE VIDEO-b

 

LE LAITIER

Quand  j’ai commencé mon travail d’inventaire de l’œuvre de Maurice MONTET, mes recherches ont débuté par Thizy. Sentimentalement,  pouvais-je faire autrement ?

Et là, comme à un pèlerinage, je suis allé le voir…. Le Père GUEYDON .Je lui devais bien çà.

J’avais envie de revivre cette grande et belle histoire de deux hommes qui se sont mutuellement rendus célèbre sans pour autant le vouloir

Elle remonte à un hiver de la guerre 39/45, un hiver où le froid et la faim sévissaient dans cette famille MONTET Rue du Bois Semé à THIZY. Six enfants réclamaient à manger plus que les parents pouvaient leur donner.  Marguerite, la Mère, voyait  chaque matin une voiture à cheval conduite par le Père GUEYDON amener à son patron, un riche voisin, un litre de lait, aliment précieux qui lui faisait défaut pour ses enfants.

Marguerite, après bien des hésitations, invita le chef de famille à contacter le père GUEYDON pour lui demander s’il pourrait vendre un peu de ce lait si convoité. Le lendemain, MONTET, timidement, expliqua ses difficultés au Père GUEYDON. Il n’en crut pas ses oreilles lorsque, bien simplement, celui-ci lui demanda :

«  Vous en voulez combien de litres »

  • – Deux si possible, balbutia MONTET.
  • – D’accord.

Gueydon au Bois sene

Dès le lendemain, le Père GUEYDON avec sa voiture à cheval vint livrer ses deux litres de lait pour le plus grand bonheur de toute la famille .Et il en fût ainsi pendant plusieurs années Moments inoubliables que l’arrivée matinale du cheval apportant le petit déjeuner des enfants. Une véritable fête.

Ces images de bonheur furent mémorisées par le peintre et restituées en peinture. Cette scène intéressa un acheteur. MONTET la reproduisit et la revendit. Ce thème rencontra un succès fou : tout le monde voulait son « cheval «   . Par la suite un grand musée parisien en fit de même.

La légende était née « : MONTET le peintre des chevaux. »

Nous avons ressuscité ces moments d’espoir dont la bonté du Père GUEYDON nous avait gratifiés dans un temps difficile pour la famille !

Puis j’ai pris congé de cet homme de cœur. Je l’ai vivement remercié et félicité d’être bien malgré lui devenu célèbre. Il m’a donné à serrer une main noueuse et ferme. Ses yeux brillaient étrangement.

MONTET-GUEYDON-retour de chez Montet
Gueydon – retour de chez Montet

Cheval de service

Montet-Cheval de labeur Cheval de labeur

Montet - Cheval rural
Cheval rural

Montet-Cheval de campagne
Cheval de campagne

Montet- Cheval de ville
Cheval de ville

MONTET-Esquisse
Esquisse

montetchevaux
Cheval de cirque

Montetchevaux1
Cirque et cheval 

Oops ! 14 septembre 2009 – Maximilien LUCE

Maximilien Luce   (1858 – 1941)

Aux côtés de Seurat de Signac et de Cross,LUCE  Maximilien Luce  se situe pour l’essentiel de son œuvre dans le mouvement du pointillisme ou du divisionnisme. Cette période fut relativement courte dans la carrière de peintre, avant qu’il ne se consacre à une peinture plus traditionnelle marquée par sa luminosité et une harmonie emprunte au divisionnisme et à l’impressionnisme.

Né à Paris le 13 mars 1858   Maximilien Luce travaille d’abord comme apprenti. Il a 13 ans lorsque le peuple parisien s’insurge lors des journées de la Commune de Paris. Il  gardera toujours le souvenir de cette période avec un engagement personnel auprès de ses amis anciens communards.  Fils d’ouvrier, il aspirera toujours à un idéal égalitaire, en mettant en scène dans son œuvre les ouvriers les plus humbles : ceux des chantiers et des aciéries, mais aussi les petits métiers, le rémouleur, les batteurs de pieux, les cireurs de planchers.

En 1872 il s’inscrit à des cours du soir pour devenir graveur et entre en 1876 comme ouvrier qualifié dans un atelier de gravure, chez Froment, qui produit des gravures pour de nombreux journaux illustrés.
Il part en 1877 avec Froment pour Londres et revient en France en 1879 pour y effectuer son service militaire, d’abord en Bretagne puis à Paris où il étudie sous la direction de Carolus Duran. Il souhaite travailler en plein air, à l’égal des impressionnistes et c’est pourquoi il reçoit les conseils de Camille Pissarro, avec qui il se lie d’amitié, avant de rencontrer  Paul Signac Georges Seurat, Théo Van Rysselberghe et Louis Valtat fondateurs de l’école des Néo-impressionnistes.

Dès lors, intéressé par les recherches sur les effets de la lumière et sur les effets de prismes rendus par les couleurs, il travaillait dans un style divisionniste, en produisant de nombreux tableaux pointillistes sur la vie et les rues de Paris. En 1887, Maximilien Luce adhère à la Société des Indépendants auprès de Paul Signac et prend une part active aux expositions qui sont organisées par le groupe.

Voulant être un témoin agissant de son époque,  Maximilien Luce avait adopté cet idéal égalitaire,  qu’il mettait en scène dans son œuvre. Cela ne l’empêchait pas de composer par ailleurs d’admirables paysages en poussant les principes de l’impressionnisme jusqu’à son extrême conséquence en pratiquant la technique du pointillisme.

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Charleroi-barges-sur-la-sambre

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Vidéo téléchargée depuis Dailymotion.
Le port de St Tropez par Maximilien LUCE

LUCE-Paysage Saint Tropez Paysage de Saint-Tropez

En même temps, il collabore aussi à des journaux anarchistes comme « Le Père Peinard » ou « La Révolte » ainsi qu’à « L’Assiette au Beurre », qui sont très lus à cette époque. Il est  impliqué dans le « Procès des Trente » en 1894 et se trouve emprisonné 40 jours avec 22 de ses amis pour « menées anarchistes »,   avant de se réfugier à Charleroi où il fait connaître le divisionnisme en Belgique. Pissarro, Signac, Cross et le critique d’art Fénelon soutiennent  Luce dans son combat contre les inégalités.

Toujours hanté par le souvenir de la Commune, il  peint vers 1910, « Vive la Commune », d’après Honoré Daumier, et vers 1917, il compose la tragique « Exécution de Varlin ». Eugène Varlin était une des plus hautes figure de la révolution de mars, arrêté le 28 mai 1871,  arrêté, mutilé, défiguré, et traîné en haut de  Montmartre il est exécuté sans jugement.

A partir des ces années 1910, Maximilien Luce considérant avoir tout exploité de la technique divisionniste, s’oriente ensuite vers une technique moins stricte en peignant des scènes urbaines et en multipliant les représentations des hommes au travail dans un style postimpressionniste.
Installé à Rolleboise à partir de 1920, il produit ensuite de nombreux tableaux représentant des paysages moins appréciés que ses œuvres antérieures.

En 1935, il succède à Paul Signac à la présidence de la Société des Artistes Indépendants, poste duquel il démissionnera durant l’occupation allemande pour marquer sa protestation contre l’interdiction faite aux artistes juifs d’exposer.

Durant sa carrière, Maximilien Luce produisit un nombre importants d’huiles, de dessins et  d’illustrations surtout à ses débuts, ainsi que des lithographies. Il entretint également une correspondance soutenue  avec de nombreux peintres, comme Seurat, Van Rysselberghe et Valtat, avant que de mourir à Paris le 6 février 1941.

Source (LMDA)

Loi du contraste simultané des couleurs

La loi du contraste simultané des couleurs a été énoncée en 1839 par le chimiste Eugène Chevreul dans un ouvrage intitulé De la loi du contraste simultané des couleurs et de l’assortiment des objets colorés, où il analyse la lumière et la couleur. À l’usage du peintre, on retiendra le ton local : la couleur propre d’un objet. Ce ton local, selon Chevreul, n’existe pas en soi, mais il est dépendant de la couleur des objets environnants. Ainsi toute couleur perçue appelle sa complémentaire pour exister. L’œil a tendance à appeler la couleur manquante, la complémentaire pour former un équilibre neutre dans notre cerveau.

D’autre part, à partir de deux taches de couleurs différentes, l’œil opère ce que l’on appelle un mélange optique, c’est-à-dire que ces deux couleurs (ou plus), distinctes sont perçues simultanément comme une combinaison, une fusion en une nouvelle couleur.

Ce principe a notamment été utilisé par les impressionnistes et les pointillistes. Au lieu d’employer un vert mélangé sur la palette (mélange mécanique), ils appliquaient sur la toile une touche de jaune juxtaposée à une touche de bleu, de façon à ce que la couleur se mélange par simple perception : d’où le terme mélange optique.

Cette découverte toujours valable, est abondamment utilisée dans les procédés de reproduction photomécanique (sérigraphie, imprimerie…). Les surfaces colorées sont décomposées en points ou en trames de couleurs séparées (trois couleurs primaires + le noir = la quadrichromie), qui se fondent dans l’œil du spectateur.

Théorie

Lorsque le tableau est regardé à une certaine distance, les taches de couleur ne peuvent être distinguées les unes des autres et se fondent optiquement les unes aux autres. L’aspect visuel obtenu est différent de celui obtenu en mélangeant des couleurs sur une palette et en les appliquant ensuite sur la toile. Certains décrivent le résultat comme plus brillant ou plus pur car le mélange est réalisé par l’œil et non par le pinceau.
Détail - Georges_Seurat la seine a la grande jatte

Détail Zoomé d’un tableau de Georges Seurat. La Seine à la grande Jatte

L’explication pourrait être liée aux théories sur l’additivité et la soustractivité des couleurs : habituellement, lorsque des couleurs sont produites par un mélange de pigments, la soustractivité joue (chaque pigment absorbe un ensemble de fréquences du spectre lumineux, le mélange des pigments renvoie l’ensemble des fréquences non absorbées). Ainsi, mélanger des pigments de cyan, de magenta et de jaune (les couleurs primaires soustractives) produit une couleur proche du noir. En revanche, lorsqu’on mélange des couleurs produites par des sources de lumière, c’est l’additivité qui joue son rôle : le mélange de faisceaux lumineux des trois couleurs rouge, vert et bleu produit une lumière proche du blanc puisque l’ensemble des fréquences visibles se trouve représenté.

Source Wikipedia

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Oops ! 4 décembre 2008 – René MAGRITTE

René MAGRITTE

Biographie

MAGRITTE

René Magritte, né le 21 novembre 1898 à Lessines en Belgique, dans le Hainaut, et mort à Bruxelles le 15 août 1967, était un peintre surréaliste belge.

 

René François Ghislain Magritte est le fils de Léopold Magritte, tailleur, et de Adeline  Bertinchamp, modiste. La famille s’installe en 1900 à Gilly où naissent ses deux frères Raymond (1900-1970) et  Paul (1902-1975).

Les premières œuvres de Magritte, de style impressionniste datent de 1915.
Jeune Belge marqué par le suicide de sa mère, René Magritte est étudiant aux Beaux-Arts de Bruxelles. L’œuvre de De Chirico le bouleverse et, dès lors, il n’a de cesse de métisser les univers poétique et pictural. Ses compositions sont énigmatiques et oniriques : on y voit un train sortant d’une cheminée, des passants figés et coiffés de feutres sombres s’envoler… Proche des surréalistes belges, c’est tout naturellement qu’il part rencontrer les membres parisiens de ce courant, et notamment André Breton. La rencontre est plus que décevante, et Magritte ne va plus bouger de Belgique, ce qui ne l’empêche pas de connaître un succès international. Son œuvre est en effet beaucoup plus révolutionnaire qu’il n’y paraît : l’image n’est pas la réalité, c’est une illusion, un simulacre inutile…

En mars 1948 il peint en six semaines une quarantaine de tableaux et de gouaches aux tons criards (période vache) destinées, en un acte typiquement surréaliste, à dérouter les marchands parisiens et scandaliser le bon goût français, qui sontexposées à la galerie du Faubourg et préfacées par Scutenaire (Les pieds dans le plat.)

 

Ses peintures jouent souvent sur le décalage entre un objet et sa représentation. Par exemple, un de ses tableaux les plus célèbres est une image de pipe sous laquelle figure le texte « Ceci n’est pas une pipe » (La Trahison des images). Il s’agit en fait de considérer l’objet comme une réalité concrète et non pas en fonction d’un terme à la fois abstrait et arbitraire. Pour expliquer ce qu’il a voulu représenter à travers cette œuvre, Magritte a déclaré ceci : « La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma  pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit  sous mon tableau « ceci est une pipe », j’aurais menti ! »

conception-oreille

 Ecoutez  Magritte(quelques secondes !)

Voilà en tout cas le message qu’il veut faire passer dans ses toiles, sur le mode de l’ironie. Magritte a également illustré ‘Les nécessités de la vie’ de Paul Eluard et ‘Les chants de Maldoror’ de Lautréamont.

 

Les tableaux de Magritte sont peuplés d’hommes en complet sombre et coiffés d’un chapeau melon. Ils représentent souvent des objets ordinaires, tirés de la réalité quotidienne: fromage, parapluie, verre d’eau, nuage ou… pipe. Mais Magritte déplace ces objets de leur contexte les associe avec d’autres, avec lesquels ils n’ont à priori pas de lien. Les tableaux de Magritte comportent tous une part d’étrange. Ils laissent le spectateur songeur. Avec la tête pleine de questions. C’est que le but de Magritte n’est pas de représenter la réalité, mais d’en dévoiler les mystères. Et des mystères, il y en a partout dans la vie quotidienne.

pipe magritte

Un des tableaux qui a rendu Magritte célèbre s’appelle la trahison des images. Il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : «Ceci n’est pas une pipe» Ce que Magritte veut dire, c’est que, même peinte de la manière la plus réaliste qui soit, un tableau qui représente une pipe n’est pas une pipe. Elle ne reste qu’une image de pipe: on ne peut pas la bourrer, ni la fumer, comme on le ferait avec une vraie pipe. Magritte a d’ailleurs développé ce discours du rapport entre l’objet et sa  représentation dans plusieurs autres tableaux.

Pourtant, s’il était un fumeur invétéré il ne fumait que des cigarettes. Cela a fait dire à son ami Scutenaire que l’amour de Magritte pour les pipes était platonique.

    Les anecdotes sur René Magritte

     Sa muse retrouvée

Contraint de partir pour Bruxelles, René Magritte laisse une jeune   femme, Georgette, derrière lui. Il la retrouvera six ans plus tard en allant acheter du matériel de peinture dans une boutique où elle travaille en tant que serveuse… Elle devient dès lors sa muse et son épouse.

   La boite à mystère

Bébé, il aurait longuement contemplé une caisse posée à côté de son berceau en voulant deviner son contenu. C’est cette caisse, réminiscence de son enfance, qu’il a choisi de faire figurer dans ses toiles pour symboliser le mystère.

                         Les citations de René Magritte

« Les titres des tableaux ne sont pas des explications et les tableaux ne sont pas des    illustrations des titres.»
[ René Magritte ] – Ecrits complets

« Le mot Dieu n’a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystère, pas au néant.»
[ René Magritte ] – Ecrits complets

« Rien n’est confus, sauf l’esprit.»
[ René Magritte ] – Cité dans Art game book

« Le mot « peinture » est laid !»
[ René Magritte ]

Extraits  de « WIKIPEDIA »  , « ESSENTIEL »  et  d’ « EVENE »

Quelques unes de ses oeuvres…

Magritte-La-reproduction-interdite

La reproduction interdite

magritte-blanc seing2

Blanc seing

MAGRITTE-son-of-man-1964(1)

Son of man

MAGRITTE-L'Espion, 1928

L’espion

MAGRITTE-Les liaisons dangereuses

Liaisons dangereuses

MAGRITTE-le viol

Le viol

MAGRITTE-La victoire

La victoire

MAGRITTE-la tentative de l'impossible

La tentative de l’impossible

MAGRITTE-La découverte

La découverte

magritte-La part du feu

La part du feu

Magritte-Delusions-of-grandeur-1948(1)

Delusions of grandeur

Magritte-Art

X

magritte-temps de travail

Temps de travail

magritte_-_la_comtesse

La comtesse

Magritte, Kopf(L'avenir des statues)

L’avenir des statues

MAGRITTE-La clairvoyance

La clairvoyance

MAGRITTE-Le Thérapeute

Le thérapeute

MAGRITTE-Le faux miroir

Le faux miroir

Magritte_Golconde

Golconde

​​

MAGRIITE- Pomme

Oops! 14 mars 2009 – Emile NOIROT

Emile NOIROT  1853 – 1924

NOIROT.E

Emile NOIROT est né en  1853 à Roanne, fils de Jean-Louis NOIROT, peintre-lithographe  et de Françoise JACQUES. Très vite il bénéficie, ainsi que ses deux frères, de l’enseignement paternel fait, surtout, de remarques judicieuses et de sages observations. L’influence de son père, son premier maître, est grande sur Emile.

« Combien fût féconde pour moi cette époque de formation, de révélation artistique ! Dans le terrain bien préparé allait germer la bonne semence !
« (Emile NOIROT, notice sur Jean-Louis NOIROT – 1905).

NOIROT-Louis-Le moulin de Chantoie St Maurice-Louis Noirot

Moulin de Chantoie à St Maurice
( Louis Noirot, père d’Emile )

Au printemps 1874, sur les conseils de son père, le jeune artiste fait un envoi au Salon des Artistes Français. Son fusain : « Pâturages dans le Roannais » est accepté par le jury. Après  une formation à Paris et Lyon, son mariage en 1878 avec Mathilde de HAGEMANN, une période  difficile s’installe pour le peintre qui accepte le poste de professeur de dessin de la ville de Roanne en 1881. Les pressions politiques de l’époque l’amènent à donner sa démission en  1883.

Les années terribles commencent pour le jeune peintre. Il peint sur le motif, les gorges de la Loire, le Renaison, Riorges.

Emile Noirot, par Dominique Noirot (petit fils et peintre) -1997 . IBSN 2-9512032-0-9

Remerciements à Dominique Noirot pour son autorisation. 

Emile Noirot sur le motif-l

Du néo-classicisme au mouvement impressionniste, le 19è siècle, en même temps qu’il vécut découvertes et mutations technologiques, est l’un des plus riches de l’histoire de la peinture.

Dès 1850, en particulier, les théories pleinairistes  donnent un sang neuf et vigoureux aux courants picturaux A l’école de Barbizon, les peintres s’exercent à la nature en s’éloignant des conventions académiques sclérosantes imposées par les Salons, synonymes cependant pour eux de consécration Dès lors, la peinture de paysage, détentrice des ferments de la peinture moderne, dévoile études d’après nature et pochades peintes sur le vif, reflets d’un instant de nature suspendu dans le temps Les approches artistiques du paysage se multiplient, chaque paysagiste ayant son langage historique, naturaliste, idéaliste, pittoresque ou sublime. Chacun, en outre, fait preuve d’originalité, influencé en cela par le mode de vie, le climat et les couleurs propres au terroir où il réside.
Au hasard de cette prolifération d’artistes soumis au diktat des galeries, des marchands et des antiques de Salons, il en est cependant, qui choisissent de ternir leur notoriété en quittant un climat parisien effervescent, parfois factice et provocateur.

C’est là toute une génération de peintres que nos antiques contemporains ont regroupé depuis sous l’appellation  »petits maîtres ».

Cette dernière, loin de minorer leurs productions, appréhende par là des écoles régionales riches et diversifiées auxquelles appartiennent des peintres qui œuvrèrent dans le sillage de célèbres chefs de file. Leurs peintures ont une double valeur elles restituent des villes et des sites avec précision en même temps qu’elles témoignent des couches de la société. Selon les régions elles révèlent aussi de nouveaux types de paysages, tels dans la Loire les sites Industriels et miniers.

Formé à l’école du dessin, dont Il restera toujours un fidèle défenseur, et aux théories barbizoniennes de maîtres tels Français et Daubigny, Emile Noirot, est un de ces peintres de province qui ont embrassé le paysagisme telle une religion.

Observateur attentif et sincère d’une nature qu’il maîtrise réellement, Il privilégie la composition de plein air en faisant preuve d’un sens inné de l’espace et de la lumière. Sa production picturale est souvent menée par l’idée directrice de  » l’homme ajouté à la nature« , ce que son pinceau traduit soit avec douceur ou énergie, selon qu’il choisit d’évoquer les lieux et heurs qui répondent le plus aux angoisses de l’être humain.

On lui a reproché d’utiliser une palette aux nuances froides grises et bleues, mais c’est oublier que pour ce peintre de marine, il s’agit là de tonalités fondamentales à l’évocation de la fluidité de l’air. A contrario, dans certaines de ses toiles éclatantes de lumière, il sait faire preuve d’un réel talent de luministe.

Homme éveillé à toutes les curiosités artistiques de ses contemporains, cheminant parallèlement au grand mouvement impressionniste auquel il avait choisi de ne pas adhérer, Emile Noirot, par l’abondance de son œuvre a su donner à la fin du siècle dernier une identité roannaise à la peinture de paysages et réalisé pleinement par ailleurs son rêve, celui d’être  »peintre pour peindre son pays« .

Préface de Brigitte Bouret.
Conservateur du Patrimoine Musée Joseph Déchelette – Roanne

Le « Journal de Roanne » du 1er juin 1884 relate une altercation de l’artiste :

«…. Je me grisais de la douceur des choses, de souvenirs poétiques, lorsque ma solitude fut troublée par la venue d’un individu quelque peu débraillé. Il m’interpelle : « Qu’est-ce que tu fiches là grand feignant, Qui t’a permis de venir comme ça chez moi ?- Pourtant j’étais sur un sentier longeant le béal d’un moulin dont le propriétaire m’avait donné toute latitude pour y peindre et dessiner ainsi que mes élèves. Mais il paraît qu’il n’avait aucun droit sur un pré en bordure. Ah ! tu viens tirer mes dépens. Non, vous le voyez bien, je peins le béal et les saules – Je m’en fiche de tes saules, f….moi le camp grand flandrin !

Il commence à bousculer mon chevalet, je me lève, essaye de lui faire entendre raison. Par malheur, je tourne le dos au béal ; il m’y pousse, je m’accroche à lui, je tombe pile et lui face. Alors il m’enfonce la tête dans l’eau disant : je vais te noyer. Ma foi, j’étais saisi par ce bain froid si brusque après le déjeuner de midi. Je cherchais à m’agripper des pieds, mais le fond vaseux n’offrait aucune résistance. Je me laissais donc enfoncer la tête, mais je prends mon homme par les jambes, à son tour, il barbotte. Nous en étions là, à nous saucer tous les deux comme des canards, lorsqu’un autre paysan qui fauchait de la luzerne non loin de là vint à la rescousse. Serait-ce encore à moi que celui-ci en aurait ? Pas du tout, il s’en prend à mon naufrageur, qui riposte en lui criant qu’il n’a pas le droit de passer le béal – J’ai droit jusqu’à la moitié, quand on a été à Sébastopol on se jetterait bien dans vingt pieds d’eau…..Il saute en effet ce brave ; il nous sépare et m’entraîne au moulin.

On me réconforte, on m’habille avec les frusques du meunier, un tout petit homme, par exemple d’un embonpoint appréciable et je rentre à Roanne avec un pantalon m’arrivant au mollet et le reste à l’avenant…. ».

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Sous-bois – 1886

 

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Novembre- 1888

 

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Entrée du village de VILLEREST – 1897

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Saut du Perron – 1899

NOIROT-lettre1  Extraits de la lettre d’Emile NOIROT à M. Thiollier le 11 janvier 1892

Lettre du lundi matin, Il janvier 1892. (réécrite par Dominique Noirot)

Cher Ami,

Je suis à Roanne depuis samedi soir huit heures et demi. Je n’ai pu vous serrer la main avant mon départ car j’ai eu juste le temps de sauter dans le train, Et encore ! A la gare on faisait difficulté pour enregistrer mon sac. Je suis parti samedi matin à St-Chamond un peu tard car la veille, en sortant de chez vous, je me suis souvenu que je manquais de couleurs. J’ai couru par les rues au moment oÙ tous les marchands étaient fermés. Alors j’ai remis au lendemain matin. De plus, j’ai été chez un sabotier car j’avais eu bien froid à Périgueux. Et le sabotier m’a retardé. Il ne voulait pas me donner de grands sabots, ce sabotier. En manière de compliment, il ne voulait pas convenir que j’ai au moins le pied de Charlemagne ! Puis je n’ai pas été à St-Chamond avec chapeau de charbonnier. D’un autre côté, y aller avec le chapeau que vous savez était ridicule et je voulais paraitre, auprès de votre ami Monsieur —–

comme un homme bien coiffé. Alors nouveaux stage et achat d’un chapeau d’un gris gagliardiniesque.

Enfin j’étais en séance à St-Chamond seulement vers les neuf heures et demi dix heures. Je me suis placé près du pont St-Jean. J’ai dans le tableau un morceau du fort et l’église Ste Ennemond. Je vous raconterai tout le voyage. Il me montre, une fois de plus, que je vous dois beaucoup, et beaucoup plus encore que je ne croyais. Vous avez fait que ce pauvre rapin de Roanne soit connu, apprécié, etc. Et maintenant je ne peux pas me croire à St-Chamond, perdu. On m’appelait par là, et même dans le tramway, Monsieur NOIROT gros comme le bras, photographe, peintre   en bâtiment, etc. m’ont reconnu à ma peinture là-bas.

Et on dit c’est pas du Gagliardini. Ca en a l’impression au premier abord mais vous devez être Monsieur NOIROT. Très épatant.

J’ai donc passé le dimanche des Rois en famille. Je vous assure que j’ai bien fait car le papa NOIROT a pris, hier, quelques heures de plaisir et oubli en voyant mes petits enfants : le gros Jean roi, et ma petite Zizille, ou Gilberte si vous préférez, reine.

Je rapporterai de la brioche de St Etienne et 1000 F. C’est fort joli. Je me demande si c’est bien moi ! Je vais travailler au tableau pour Monsieur MICHAUD, penser à faire quelque chose aussi pour Monsieur Ponéon et d’ici 8 jours certainement, je vous apporterai ça.

Ne m’en veuillez pas de mon brusque départ. Je connais ma pauvre petite femme et mes gamins sont terribles. Alors elle se fait une véritable terreur d’être seule à les maintenir. Figurez-vous que pendant mon absence, ils ont démonté la pendule. Je ne suis pas bien méchant non plus et ils m’ont ri au nez, et pris ma barbe quand, au retour, j’ai voulu gronder.

Je vais travailler votre dessin. Je suis assez content de St Chamond mais j’ai été peut être bien bête de me placer dans un endroit écarté. Il est vrai que je me suis perdu dans un tas de petites ruelles, et ayant de fil en aiguille trouvé la rivière, les deux rivières, Je me suis placé à leur jonction disant Monsieur Tiollier suivra la rivière. Je ne sais pas bien laquelle. Comme ça je ne le manquerai pas. J’ai eu tort de ne pas me mettre vers l’église mais ma toile était trop étroite et je vous assure que je ne pensais pas devoir vous manquer

au passage. Peut être même avez-vous été simplement retenu à St Etienne. Dans tous les cas, la journée s’est placée à travailler sans broncher, et quoique l’heure de midi se soit passée sans que je ne bronche d’une semelle, dominant la voix du ventre, j’ai attendu presque la tombée de la nuit pour lever l’ancre. J’ai donc fait une chose complète, un peu leste comme impression. Ce ne sera pas le goût de Monsieur Maignier parce que, justement, Monsieur Gagliardini fait des machins comme ça. Mais ma foi j’ai vu ça ainsi. Mais je préfère le gris dans l’ombre et j’y reviendrais, à ce motif.

J’ai idée de faire, pour l’exposition de Lyon, un coin de St Chamond. Donc à bientôt, et excusez ma longue lettre et mes façons de procéder.

Vous avez peut être descendu la rivière, et tandis que moi je me trouvais de l’avoir remontée, sans même trop savoir où J’étais, J’ai vu après, en descendant, que c’était mieux plus bas. Mais d’ailleurs voici le motif.

Mais l’église St Pierre est mieux et j’irai avec une toile de 1 m la faire pour l’exposition de Lyon.

Je vous serre bien affectueusement les mains et présente mes meilleurs sentiments à votre famille, etc.

Source :Dominique Noirot, petit-fils du peintre, que je remercie de son amabilité .

1900 est l’année de l’Exposition Universelle de Paris. Pour décorer le haut du grand escalier donnant    accès à son stand d’exposition, la Chambre de Commerce de Roanne, associée au Syndicat des fabricants participant à cette manifestation, demande à Emile NOIROT de composer un grand panneau.

La Revue forézienne se souvient, non sans humour, de leur démarche : «….Ils s’en furent donc trouver le maître et, des trémolos dans la voix, lui contèrent combien grande est la tristesse des malheureux éloignés du pays, sombre leur désespérance. Les Roannais sont éloquents et les artistes sont bons. NOIROT se recueillit puis, souriant dans sa barbe d’apôtre, leur dit:

Messieurs, j’ai une idée : puisque vos exilés ne peuvent aller à la montagne, pourquoi la montagne n’irait-elle pas à eux ? Que pensez-vous d’une page où Roanne, discrètement, ainsi qu’ il sied à une fille de bonne maison, montrerait aux yeux charmés quelque peu de sa grâce et de sa beauté, où, du fouillis de ses maisons, les cheminées des usines, semblables aux flèches des cathédrales, émergeraient dressant au ciel leurs têtes panachées dans une commune prière de travail et d’activité. Où,  .. enfin bref il parla..«

C’était rude besogne assurément pour le peintre que vouloir mettre de l’art dans une vue panoramique, fut-ce celle de notre Cité !

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Roanne vue du Gros chêne – 1900

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Un matin à Villerest – 1903

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Mon rosier à Villerest- 1906

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Mont Saint Michel – 1906

 

Oops ! 21 novembre 2007 – Anamorphose

Vous avez dit  » Anamorphose » ?

anamorphose [anamɔʀfoz] nom féminin
étym. 1751; du grec anamorphoun « transformer »

Phys., math. Transformation, par un procédé optique ou géométrique, d’un objet que l’on rend méconnaissable, mais dont la figure initiale est restituée par un miroir courbe ou par un examen hors du plan de la transformation. (petit Robert)

 

http://www.youtube.com/watch?v=nUDIoN-_Hxs

Oops ! 15 octobre 2009 – Vincent VAN GOGH

Vincent VAN GOGH, peintre incompris (1853 – 1890)

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Autoportrait

Peintre néerlandais, resta jusqu’à la mort un tourmenté, un isolé, un incompris.
Sa jeunesse (1853–1869)

 

Il est le fils de Theodorus Van Gogh, pasteur de l’Église réformée à Groot-Zundert  et d’Anna Cornelia. Il  apprend le français, l’anglais et l’allemand mais quitte l’école à 15 ans.

Marchand d’art et prédicateur (1869-1878)

Le 30 juillet 1869, à l’âge de seize ans, il devient apprenti auprès du marchand d’art Goupil et Cie à La Haye, filiale fondée par son oncle Hendrik Vincent.

Après sa formation, qu’il termine brillamment, il est engagé chez Goupil & Cie et effectue un bref stage à Bruxelles. En juin 1873, Adolphe Goupil l’envoie dans la succursale de Londres, puis son père et son oncle l’envoient à Paris, où il est choqué de voir l’art traité comme un produit et une marchandise, ce qu’il dénonce à certains clients et qui provoque son licenciement en 1876. Il se sent alors une vocation spirituelle et religieuse. Il retourne en Angleterre où, pendant quelque temps, il travaille bénévolement, d’abord comme professeur suppléant dans un petit internat donnant sur le port de Ramsgate. Il a d’ailleurs fait quelques croquis de la ville. À son frère Théo, il écrit :

« À Londres, je me suis souvent arrêté pour dessiner sur les rives de la Tamise en revenant de Southampton Street le soir, et cela n’aboutissait à rien; il aurait fallu que quelqu’un m’explique la perspective. »

Il devient un fervent animateur du mouvement méthodiste et veut « prêcher l’Évangile partout ».

À Noël 1876, il retourne chez ses parents et travaille alors dans une librairie de Dordrecht pendant six mois. Toutefois, il n’y est pas heureux. Il passe la majeure partie de son temps dans l’arrière boutique du magasin à dessiner ou à traduire des passages de la Bible en anglais, en français et en allemand. Le soutenant dans son désir de devenir pasteur, sa famille l’envoie en mai 1877 à Amsterdam, où il séjourne chez son oncle Jan Van Gogh, amiral de la marine. Vincent se prépare pour l’université et étudie la théologie avec son oncle Johannes Stricker, un théologien respecté. Malheureusement, Van Gogh échoue à ses examens. Il quitte alors le domicile de son oncle Jan, en juillet 1878, et suit des cours pendant trois mois à l’école protestante de Laeken, près de Bruxelles, mais il échoue à nouveau et abandonne ses études pour devenir prédicateur laïc.

En 1878, Van Gogh obtient une mission d’évangéliste en Belgique, auprès des mineurs de charbon du Borinage, dans la région de Mons. Il y devient un prédicateur solidaire des luttes contre le patronat.

Poussant ses convictions à leur conclusion logique, Van Gogh choisit de vivre comme ceux auprès desquels il prêche, partageant leurs difficultés jusqu’à dormir sur la paille dans sa petite hutte au fond de la maison du boulanger chez lequel il réside. Il consacre tout aux mineurs et à leur famille. Il va même jusqu’à descendre à 700 mètres au fond de la mine. Lors d’un coup de grisou, il sauve un mineur. Mais ses activités de prêtre ouvrier ne tardent pas à être désapprouvées et cela le choque. Accusé d’être un meneur, Vincent Van Gogh est contraint d’abandonner la mission qu’il s’était donnée, sa mission étant suspendue par le Comité d’évangélisation. Il en garde l’image de la misère humaine qui apparaîtra dans une partie de son œuvre. Sous la pression de ses parents, il revient chez eux à Etten, y reste jusqu’en 1880 au grand dam de ses parents qui sont de plus en plus préoccupés à son égard. Un conflit considérable éclate entre Vincent et son père, ce dernier allant jusqu’à se renseigner pour faire admettre son fils à l’asile de Geel. Van Gogh s’enfuit de nouveau.

Van Gogh-vieil homme pleurant

Il s’intéresse de plus en plus aux personnes l’entourant et aux scènes quotidiennes qu’il commence à représenter dans certains croquis à la mine de plomb, au fusain ou au crayon. En novembre 1880, Van Gogh écoute les conseils avisés de son frère Théo à prendre l’art au sérieux. Sur les recommandations de Théo, il se rend à Bruxelles, afin d’étudier la peinture avec l’artiste hollandais Willem Roelofs. Ce dernier réussit à le persuader (en dépit de l’aversion de Van Gogh d’apprendre l’art dans une école) de s’inscrire à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Il s’y inscrit le 15 novembre 1880 pour les cours du soir et étudie non seulement l’anatomie, mais aussi les règles de la composition et de la perspective.

1880-1882 : les années de formation

Van Gogh a dessiné et a peint des aquarelles alors qu’il allait à l’école, mais très peu de ces travaux ont survécu.

Van-GoghLes planteurs de pommes de terre

En 1880, il et a commencé à se consacrer à l’art en copiant le Cours de dessin de Charles Bargue, puis des lithographies et des gravures sur bois en s’inspirant des œuvres de Jean-François Millet, artiste pour lequel il conserva jusqu’à la fin de sa vie une véritable vénération.

Pendant cette période, il est soutenu matériellement par Théo, employé de Goupil et Cie à Bruxelles.

Il commence à réaliser diverses peintures de grande taille qu’il a pour la plupart détruites. Les Mangeurs de pommes de terre, la Vieille Tour du cimetière de Nuenen et le Cottage, sont les seules qui aient survécu. Après une visite au Rijksmuseum d’Amsterdam, Van Gogh se rend compte que ses peintures présentent beaucoup de défauts en raison de son manque d’expérience et de technique. Il part alors à Anvers, et plus tard à Paris pour perfectionner ses connaissances.

En 1881, à Etten, où résident ses parents, il dessine des portraits, des sujets paysans d’après nature mais surtout des paysages d’une grande richesse calligraphique et dignes de la tradition extrême-orientale.

1882-1883 : La Haye

En conflit avec son père, et essuyant un second échec sentimental, il finit par quitter le domicile familial après une violente dispute et s’installe pour un temps à La Haye fin 1881.

Il y reçoit des leçons de peinture de son cousin Anton Mauve et pratique alors essentiellement l’aquarelle et étudie la perspective. Durant ses deux premières années, il cherche des commandes et au printemps 1882, son oncle, Cornelis Marinus (propriétaire d’une galerie d’art renommée à Amsterdam) lui demande de fournir des dessins de La Haye. Le travail de Van Gogh ne s’avère pas à la hauteur des espérances de son oncle, qui lui passe tout de même une deuxième commande. Bien qu’il lui ait décrit en détail ce qu’il attendait de lui, il est de nouveau déçu par le résultat.

C’est au cours de l’été 1882 qu’il commence la peinture à l’huile.

« Ne va pas te figurer que je me considère comme parfait, ni que je m’imagine sans reproche quand tant de personnes parlent de mon caractère impossible. Il m’arrive souvent d’être mélancolique, susceptible et intraitable ; de soupirer après de la sympathie comme si j’avais faim et soif ; de me montrer indifférent et méchant lorsqu’on me refuse cette sympathie, et même de verser parfois de l’huile sur le feu. Je n’aime pas beaucoup la compagnie des autres, il m’est souvent pénible ou insupportable de les fréquenter ou de bavarder avec des gens. Mais connais-tu l’origine de tout cela, du moins en grande partie ? Tout simplement ma nervosité ; je suis extrêmement sensible, autant au physique qu’au moral, et cela date de mes années noires. Demande donc au médecin – il comprendra tout de suite de quoi il s’agit – s’il pourrait en être autrement, si les nuits passées dans les rues froides, à la belle étoile, si la peur de ne pas avoir à manger un morceau de pain, si la tension incessante résultant du fait que je n’avais pas de situation, si tous mes ennuis avec les amis et la famille ne sont pas pour trois quarts à l’origine de certains traits de mon caractère, de mes sautes d’humeur et de mes périodes de dépression… »

— Extrait d’une de ses lettres à son frère Théo, juillet 1882 (Lettres de Vincent à Théo)
Pendant plus d’une année il a travaillé sur des figures simples, en réalisant notamment des études en « noir et blanc », travail qui ne lui a alors apporté que des critiques. Aujourd’hui, ces études sont pourtant considérées comme ses premiers chefs-d’œuvre.

À partir du printemps 1883, il s’intéresse à des compositions plus élaborées, basées sur le dessin. Très peu de ces dessins ont survécu car, lorsque son frère lui confie qu’ils manquent de nervosité et de fraîcheur, Van Gogh les détruit et se tourne vers la peinture à l’huile.

1883-1883 : Province de Drenthe

De septembre à décembre 1883, Vincent séjourne en solitaire dans la province de Drenthe, au nord des Pays-Bas, où il s’acharne à travailler pour accomplir sa destinée de peintre. C’est l’unique remède qu’il trouve à un profond sentiment de détresse. Au terme de cette nouvelle expérience, il décide de rejoindre sa famille installée depuis peu à Nuenen, dans le Brabant-Septentrional, dans le presbytère paternel.

1884-1885 : Nuenen

Van Gogh-Tisserand

Le métier (1884)

De retour dans sa famille à Nuenen, Van Gogh réalisera la célèbre série de toiles représentant des tisserands.  Dans cette œuvre, son amour pour les humbles, sa religiosité profonde, un vague espoir de rédemption grâce au travail pour soulager les consciences du mystère de la tombe, expriment le malaise d’un jeune contestataire.

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Les mangeurs de pommes de terre (1885)
C’est à Nuenen que le talent de Van Gogh se révèle définitivement ; il y réalise de puissantes études à la pierre noire de paysans au travail, mais aussi quelque deux cents tableaux à la palette sombre et aux coups de brosse expressifs, qui viennent alors    confirmer son talent de dessinateur et de peintre.

                       Van gogh-lettre musée     Extrait de courrier

       1885-1886 : à Anvers

À Anvers de nouveau, il est impressionné par les Rubens et à la révélation des estampes japonaises, qu’il commence à collectionner dans cette ville. C’est aussi dans la capitale flamande que l’artiste inaugure sa fameuse série d’autoportraits, sur le registre de l’humour macabre.

1886-1888 : à Paris

Seule la connaissance du milieu artistique parisien pouvait véritablement permettre à Van Gogh de renouveler et d’enrichir sa vision, ce qui motive son installation à Paris en 1886. Cette année là est celle de la dernière exposition impressionniste, et en 1887 devait avoir lieu la première rétrospective de l’œuvre de Millet. Il s’installe à proximité de son frère Théo qui dirige la succursale parisienne de Goupil depuis 1880.

Au début de 1886, Vincent rejoignit son frère à Paris avec l’envie de s’informer sur les nouveautés de la peinture impressionniste.

À Paris dans les années 1886 – 1887, il fréquente un moment l’académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin, d’Émile Bernard ainsi que de John Peter Russell. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin. Dans la boutique du Père Tanguy, il devient l’ami de Paul Signac. Sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent peu à peu davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Pissarro l’initie également aux théories nouvelles sur la lumière et au traitement divisionniste des tons. La palette de l’artiste s’enrichit alors de couleurs vives et sa touche s’anime et se fragmente, ceci grâce également à Signac avec qui il travaille en 1887.

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 Restaurant de la sirène (1887)

Exalté par la ferveur du climat artistique parisien, Van Gogh brûla les étapes de son renouvellement artistique grâce à la fréquentation des peintres les plus anticonformistes du moment: il s’essaya au néo-impressionnisme auprès de Signac et Pissarro, enquêta sur les profondeurs psychologiques du portrait avec son ami Toulouse-Lautrec, fut précocement informé de la synthèse du cloisonnisme par ses compagnons Louis Anquetin et Émile Bernard, put apprécier les toiles exotiques réalisées par Gauguin en Martinique. Régénéré par ce bain dans les sources de la modernité, l’artiste hollandais était prêt à réaliser son rêve méditerranéen, à la recherche de la lumière aveuglante de la Provence, qui ferait resplendir les couleurs pures de la nature, étudiées jusque-là dans sa collection d’estampes japonaises. C’est une période très fertile où son art s’oriente vers l’impressionnisme mais l’absinthe et la fatigue aggravent son état mental.

1888-1889 : à Arles

Suivant les conseils de Toulouse-Lautrec qui lui parle de la luminosité des paysages méridionaux, il s’installe à Arles en 1888.

Bien qu’il arrive dans la cité avec un temps de neige, une nouvelle page de son œuvre s’ouvre avec la découverte de la lumière provençale. Dès le 22 février 1888, il débute sa production arlésienne ; il parcourt à pied la région et peint des paysages, des scènes de moissons et des portraits. Trois de ses premiers tableaux sont présentés à l’exposition annuelle de la Société des artistes indépendants

À Arles,  il réalise une série sur les vergers fleurissants dans des triptyques, ainsi qu’une série de portraits comme ceux de la famille Roulin.

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Terrasse de café la nuit (Arles 1888)

Vincent qui habite la « maison jaune », rêve  d’une communauté d’artistes unissant fraternellement leurs expériences et leurs recherches : Paul Gauguin vient le rejoindre dans ce but le 23 octobre 1888 et ils commencent à travailler ensemble comme par exemple sur la série de tableaux consacrés aux Alyscamps.

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La chambre (1888)

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Autoportrait à l’oreille bandée (1889)

Mais les deux hommes s’entendent mal : la tension et l’exaltation permanentes qu’impliquent leur démarche créatrice et une telle urgence de peindre débouchent sur une crise : le 24 décembre 1888, à la suite d’une dispute plus violente que les autres, Van Gogh, en proie au délire tente de tuer son compagnon, puis, pour s’auto-punir, se coupe le lobe de l’oreille gauche avant d’aller l’offrir à une prostituée. Il est soigné par le docteur Rey dont il peint le portrait. En mars 1889, après une période de répit pendant laquelle il peint entre autres l’Autoportrait à l’oreille bandée (janvier 1889), une pétition des habitants d’Arles entraîne son   internement à l’Hôtel-Dieu.

1889-1890 : Saint-Rémy-de-Provence
Ayant décidé de lui-même d’entrer dans un asile près de Saint-Rémy-de-Provence (l’hôpital psychiatrique du monastère Saint-Paul-de-Mausole) où il va rester pendant une année. Son état varie de la dépression profonde aux phases de rémission et d’activité intense, qui entraînent de nouvelles modifications de son style : le graphisme et la touche dont les traits discontinus et sinueux donnent aux champs de blé, aux oliviers et à la voûte céleste des Alpilles et des Baux-de-Provence les mouvements mêmes de sa pathologie.
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Champ de blé aux cyprès (1889)

Le 8 mai 1889, hanté par l’idée du suicide mais pleinement conscient du mal qui le ronge, il quitte Arles.

Les peintures de la période où il a vécu à Saint-Rémy-de-Provence sont souvent caractérisées par des remous et des spirales. À diverses périodes de sa vie,

Van Gogh a également peint ce qu’il voyait de sa fenêtre, notamment à la fin de sa vie avec une grande série de peintures de champs de blé qu’il pouvait admirer de la chambre qu’il occupait à l’asile de Saint-Rémy.

Van Gogh commence également à sortir de l’anonymat. En janvier 1890, un article d’Albert Aurier dans le Mercure de France souligne pour la première fois l’importance de ses recherches. Un mois plus tard, le peintre Anna Boch acquiert l’un de ses tableaux, La vigne rouge, pour la somme de quatre cents francs.

1890 : Auvers-sur-Oise

En mai 1890, l’artiste quitte Saint-Rémy-de-Provence et rejoint son frère Théo à Paris, qui l’installe à Auvers-sur-Oise dans la modeste auberge Ravoux, où il loue une petite chambre d’une grande sobriété, sous la surveillance du docteur Paul Gachet, ami de Paul Cézanne et des peintres.

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Portrait du docteur GACHET (1890)

Grâce aux soins du docteur Gachet, l’activité artistique de Van Gogh est intense. Il produit pendant deux mois plus de soixante-dix tableaux. Cependant, le répit est de courte durée : lorsque Théo lui fait part de son désir de retourner en Hollande, Vincent se sent de nouveau abandonné.

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L’église d’Auvers sur Oise (1890)

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 27 juillet 1890, dans un champ où il peint une ultime toile, il se tire un coup de revolver dans la poitrine. Ramené mourant à l’auberge Ravoux, il meurt deux jours plus tard, soutenu par son frère Théo et toujours inconnu du grand public.

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Fac similé de la lettre à Théo du 27 juillet 1890.

Source: Larges extraits Wikipedia

Oops ! 8 janvier 2008 – Honoré DAUMIER

LA CARICATURE SELON HONORE DAUMIER

Les parlementaires.


DAUMIER-Alexandre Le Comte

DAUMIER-Cunin-Gridaine

DAUMIER-Antoine ODIER

Alexandre Le Comte

 

Laurent Cunin, dit Cunin-Gridaine (1778-1859)
député des Ardennes, ministre du Commerce

Le Mauvais

Associé de Gridaine, son beau-père fabricant de draps, il est élu en 1827 député de Mézières et siège aux côtés de La Fayette. Opposé au cautionnement des journaux il fait partie des 221 opposants au régime de Charles X. Après 1830, il acquiert une grande importance politique. Il est ministre dans les cabinets Soult puis Guizot en octobre 1840. Il est, dit-on, « le Thuriféraire de toutes les mesures rétrogrades ». Le Charivari du 24 avril 1833 le décrit comme ne parlant jamais et ayant l’air de ne pas penser davantage. Il quitte la politique en 1848.

Antoine Odier

 

DAUMIER-Baron Joseph de Podenas

DAUMIER-Charles Guillaume Etienne

DAUMIER-OOPS

Baron Joseph de Podenas

 

Charles-Guillaume Etienne (1777-1845)
député de la Meuse, pair de France

Le Vaniteux

Auteur dramatique et directeur du Constitutionnel, membre de l’Académie française sous Napoléon Ier, il est révoqué en 1815. Libéral, il siège à gauche comme député de la Meuse en 1822, 1827, 1828. De nouveau député après la révolution de 1830, il soutient les gouvernements jusqu’au ministère Molé entre 1836 et 1839. Il s’allie alors au centre-gauche. Il est nommé pair de France en 1839. Selon Le Charivari du 20 septembre 1833, « Le député de la Meuse dort à la Chambre comme il dort à l’Institut. Il ne s’éveille qu’aux heures des repas ; mais alors, il retrouve toute ses capacités intellectuelles, dont la plus remarquable est d’une étourdissante loquacité. Aussi un homme d’action a dit de lui : « C’est un estomac disert. » Malheureusement, la digestion ne tarde pas à le plonger […] dans cet état de torpeur où le représente […] M. Daumier. »
          Charles Philippon

DAUMIER-Comte Antoine Maurice Apollinaire

DAUMIER-Félix Barthe

DAUMIER-Falloux

Comte Antoine Maurice Apollinaire

 

Félix Barthe (1795-1863)
député de la Seine, ministre de l’Instruction publique, garde des Sceaux, sénateur

L’important personnage

Arrivé de Toulouse à Paris il se fit connaître en faisant traduire en conseil de guerre le coupable du meurtre de l’étudiant Lallemand, abattu devant le Palais Bourbon au cours d’une rixe provoquée par la discussion d’un projet de loi. En 1827 il fut membre de la société jacobine Aide toi, le ciel t’aidera. Il fut présent à la réunion des avocats libéraux chez Dupin Aîné le 26 juillet 1830 affirmant les ordonnances signées par Charles X contraires à la Charte de 1814. D’abord libéral, ministre de l’Instruction publique puis de la Justice, il réforma le code pénal accordant aux tribunaux davantage de liberté dans l’application de la peine. Mais il réprima les délits de presse. En 1834 il présenta la loi sur la censure et les associations politiques. Les petits journaux prétendaient que son strabisme permettait de surveiller à la fois les carlistes et les républicains. La Caricature du 18 juillet 1833 en fait le portrait suivant : « A ces yeux louches, à ce sourire faux, à cette tournure épaisse, à cette figure outrecuidante, vous devinez que ce ministre est Barthe. Il n’y a guère qu’à l’administration de la justice en France, que vous auriez de la peine à reconnaître l’ex-carbonaro de la Restauration ; mais que voulez-vous ? C’est comme ça que la monarchie les aime. »

Inconnu, dit Frédéric-Alfred-Pierre vicomte de Falloux du Coudray
(1811-1885)
député du Maine-et-Loire,
ministre de l’Instruction publique et des Cultes

Un Malin

Falloux est issu d’une famille bourgeoise anoblie par Charles X. Il est proche des catholiques libéraux tels que Montalembert et Lacordaire. En 1846 il est élu à la Chambre. En décembre 1848 il deviendra ministre de l’Instruction publique dans le gouvernement d’Odilon Barrot. Il se retirera de la politique sous le Second Empire. L’identité du personnage représenté reste une énigme. Il est en fait douteux qu’il s’agisse ici de Falloux – qui avait vingt-deux ans en 1833 -, si l’on en juge par les traits du personnage, à moins qu’il ne s’agisse du père de Falloux.

DAUMIER-Jacques Lefebvre

DAUMIER-Jean Pelet de la Lozere

Jacques Lefebvre

Jean Pelet de la Lozére

  » Notre temps n’est pas celui où Daumier passerait six mois en prison pour la caricature de Louis Philippe en Gargantua (qui était aussi souvent représentésous la forme d’une poire). La prison politique, sous la monarchie de Juillet, n’était pas d’ailleurs une condition de forçat. Mais la plus grande différence qu’il y ait entre notre régime politique et ceux sous lesquels vécut Daumier, est bien plus grave, si on y réfléchit. Notre époque peut tout caricaturer, tout tourner en dérision sans que le pouvoir s’en émeuve. Au contraire, il applaudit. La raison en est simple.
Au temps de Daumier, la politique n’aimait pas trop qu’on se mêle de ses affaires et ne prisait pas la publicité. On voit qu’à notre époque c’est, bien sûr, tout le contraire ! Peu importe ce que l’on dit de vous , l’essentiel est que l’on ne vous oublie pas. « 
Propos extraits de l’article d’ Alain Calonne ; Honoré Daumier dans le ventre législatif (à l’occasion d’une exposition au Palais Bourbon : Daumier et les parlementaires); Valeurs de l’art, Nov-déc 1996
Daumier passait par le volume avant de produire sur le papier les caricatures des politiques de son temps ; il modelait donc ses personnages de mémoire lorsqu’il revenait de l’Assemblée Nationale. Baudelaire célébra cette « mémoire quasi divine qui lui tient lieu de modèle ». Et Balzac, qui collaborait dans le même journal qu’Honoré Daumier, s’exclama :  » Ce gaillard-là a du Michel -Ange dans la peau « .
Après la mort de l’artiste, les bustes furent abandonnés dans la cour de sa maison de Valmondois et vendus à vil prix.